Les images de synthèse

Les images de synthèse - Maitre Yoda

Grâce aux ordinateurs, Yoda peut enseigner la sagesse dans les prequels de La Guerre des étoiles. Les technologies se perfectionnent à une vitesse telle que l’on ne saurait anticiper la prochaine étape de la révolution numérique. Si l’image de synthèse a révolutionné Hollywood, la plupart des autres films y échappent encore.

La révolution des effets spéciaux

Si John Whitney est un pionnier de l’usage des ordinateurs dans le film d’animation Lapis (1963-1966) et que son fils participe à l’élaboration des effets spéciaux sur Westworld (1973) de Michael Crichton, la puissance des ordinateurs ne permet pas encore de créer des images crédibles, ce dont Hollywood prend conscience après l’échec de Tron (1982) et Starfighter (1984), où l’on peut voir le premier personnage en image de synthèse et les premiers effets photoréalistes. Cependant, à la fin des années 1980, les studios misent sur l’informatique pour arracher les jeunes à leurs ordinateurs et consoles de jeux. Le succès de Terminator 2, le jugement dernier de James Cameron et de La Belle et la Bête de Disney (tous deux de 1991) marque un tournant esthétique et économique majeur.

Le film d’animation, depuis Toy Story (1995) de Pixar, est le domaine le plus marqué par la révolution des effets spéciaux. En outre, la numérisation force Hollywood à repenser sa politique des blockbusters afin d’exploiter au maximum l’image de synthèse dans la science-fiction, la fantasy et les comics.

Faire du faux coûte moins cher

Cette conversion a aussi des avantages économiques : payer un seul opérateur pour créer une réalité imaginaire revient moins cher que des décors ruineux sur des lieux de tournage improbables. On réduit les coûts de figuration en gonflant des scènes de foule avec des figurants, programmés pour reproduire des suites de gestes de façon aléatoire. La sécurité des cascades est renforcée grâce à des doublures numériques ; des scènes tournées sur plateau, comme la fusillade sur le toit dans Matrix (1999), sont rendues plus spectaculaires grâce à la technique de bullet time. Les images de synthèse apportent aussi une plus grande authenticité aux maquettes. Il devient même possible, grâce à un sosie numérique, de terminer les scènes de l’acteur défunt Oliver Reed dans Gladiator (2000) de Ridley Scott.

Les images de synthèse - Titanic

▲ Pour Titanic (1997), outre la construction d’une maquette du paquebot à l’échelle 9/10, James Cameron a dépensé 50 millions de dollars pour 500 effets spéciaux.

La révolution n’est pas terminée

En dépit des progrès faits dans des films comme Tron, l’héritage (2010), il reste encore du travail pour créer des humains vraisemblables. En tout état de cause, l’image de synthèse a eu un effet sensible sur le jeu des acteurs qui jouent sur fond vert ou portent des combinaisons pour la motion-capture grâce auxquelles ils donnent vie à des êtres tel Gollum dans Le Seigneur des anneaux. Les critiques déplorent souvent l’importance accordée au spectaculaire, au détriment des personnages et de l’intrigue. Néanmoins, les effets spéciaux sont si attirants que les studios économisent sur les salaires des superstars en faisant jouer des inconnus dans les films-événements.

Si les techniciens continuent de supplanter les auteurs, il n’est pas exclu de voir le cinéma traditionnel remplacé par une forme interactive de divertissement virtuel. Ainsi, alors que le cinéma a toujours fait preuve de prudence avec les nouvelles technologies, une crise au box-office pourrait bien conduire Hollywood à s’engager dans une direction qui serait sans retour.

 

Extrait de :

 
Les grandes idées qui ont révolutionné le cinéma
David Parkinson
Collection: Hors collection, Dunod
2014 – 216 pages – 210×270 mm
EAN13 : 9782100711369

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